Droits de scolarité : des étudiants en colère manifestent à Montréal

Source-texte Radio-Canada  Photo: Rosalie Choquette Des étudiants de Montréal sont rassemblés place Émilie-Gamelin, non loin de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), pour manifester contre la hausse des droits de scolarité de 1625 $ sur cinq ans annoncée dans le dernier budget du gouvernement Charest.

La Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), qui organise le rassemblement, affirme qu'il s'agit d'un événement local qui devrait attirer quelques centaines d'étudiants. Les manifestants marcheront en direction du centre-ville, avec pour destination les bureaux du premier ministre Jean Charest.

La CLASSE dit espérer que le cortège défilera dans le calme, mais affirme ne pas pouvoir se porter garante des faits et gestes de tous les participants.

« Ça brise littéralement des vies. Il y a des gens qui ne pourront plus étudier, non pas parce qu'ils n'ont pas assez de talent, parce qu'ils n'ont pas assez d'argent. [...] Nous, on peut bien en tant qu'organisation faire des manifestations familiales, il y a certains éléments qu'on ne contrôle pas, puis il faut aussi comprendre parfois la colère des gens », affirme Gabriel Dubois-Nadeau, porte-parole de la CLASSE.

Plusieurs voitures de police ont été mobilisées pour prévenir les débordements. Rappelons que vendredi dernier, 37 personnes ont été arrêtées après s'être barricadées dans le cégep du Vieux-Montréal la nuit précédente et y avoir fait du grabuge au terme d'une manifestation étudiante.

Voix discordante

À quelques pas de la place Émilie-Gamelin, sur le campus de l'UQAM, quelques étudiants se montrent peu sensibles à la cause. Parmi eux, Mathieu Châteauneuf, étudiant au baccalauréat en sciences économiques, ne voit pas la hausse des droits de scolarité comme une injustice.

« Notre session, ça coûte 10 000 $ à l'État et on paie seulement 1500 $. Ça veut dire qu'il y en a 8500 qui viennent d'ailleurs, des contribuables. Moi, je pense que c'est un peu ridicule de forcer les plombiers et les agriculteurs, qui travaillent fort, à payer mes études quand moi qui suis en finances et les autres gens, on va faire quoi? Une fois et demie, deux fois leur salaire à peu près? », dit-il.

Lundi, quelque 32 500 étudiants collégiaux et universitaires du Québec sont en grève, selon la CLASSE.